Nouvelle séance du club lecture : Un héros différent

jeudi 1er décembre 2016
par  Equipe de lettres
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Le thème de cette semaine était assez problématique : comment entendre le mot "héros" ? Le héros est-il cet être d’exception paré de toutes les qualités, ou bien est-il plus sobrement le personnage principal de l’histoire ?
Et, dans ces deux cas, qui peuvent en plus se cumuler, qu’est-ce, alors, qu’un héros différent ?
Plusieurs propositions : le héros différent serait un être ordinaire, sans rien de particulier, voire pas héroïque pour un sou. On est à la limite de l’anti-héros... ou du héros au sens narratologique, le personnage principal dont l’histoire peut nous intéresser, parce que ce serait une tranche de vie.
Le héros peut aussi être simplement un personnage qui fait ce que les autres ne veulent pas/ne peuvent pas faire.

On a décidé de ne pas trancher entre toutes ces interprétations, ce qui a donné lieu à une liste de lecture vraiment variée :

  • L’incontournable Alex Rider, d’Anthony Horowitz : un héros différent, engagé dès l’adolescence par le MI6 précisément parce qu’il n’attire pas du tout l’attention. Mais sous son apparence ordinaire, Alex a tous les attributs du héros : courage, aptitude physique, intelligence, valeurs... Il utilise son apparence ordinaire pour accomplir des actions extraordinaires.
  • Béatrice, dans Divergente de Veronica Roth, est incontestablement une héroïne différente. C’est même sa différence, le fait qu’elle appartienne à plusieurs factions, qui va faire d’elle une héroïne...
  • Wonder, de Rad Palacio, s’est de nouveau invité au club lecture : un personnage dont la vie quotidienne est une succession d’épreuves à surmonter, en raison de sa différence physique.
  • Ce qui nous a amenés à évoquer trois autres figures "différentes" : Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand, ce personnage principal qui a tout pour être un héros, qui se comporte comme tel tout au long de la pièce, mais qui s’interdit d’en être un, à cause de son nez. Autre héros qui s’ignore, Quasimodo, dans Notre Dame de Paris, de Victor Hugo. Contrefait, borgne, sourd, quasi-muet, abandonné de tous... Mais infiniment bon et généreux, doué d’une force colossale et capable d’amour pur. On sait combien Hugo aime à nous faire nous interroger sur les apparences... Enfin, Alceste, le personnage principal du Misanthrope de Molière. Un homme qui n’aime pas les gens, pathologie aussi rare, de l’avis d’un participant, que "de ne pas aimer le chocolat"... Toujours est-il qu’il essaie, sans succès, et que si l’on reste libre de rire de sa situation, on peut aussi compatir à son sort et en faire un héros.
    Un héros serait alors celui qui a le courage de faire face à une épreuve, qu’il la surmonte ou non.
  • Autres héros différents : ceux qui ne sont pas dans le camp du Bien ! Ainsi, le héros de Rush, de Phillip Gwynne : ce jeune garçon est champion de course à pied et millionnaire. Mais le passé sombre de sa famille le contraint à se mettre au service de... la mafia et d’exécuter d’abominables contrats... Alors, héros ou pas ? Et que dire de Max, dans le roman éponyme de Sarah Cohen Scali ? Un bébé fervent militant de l’idéologie nazie avant même d’être né ?! Il est vrai qu’il a une circonstance atténuante, il a été conçu pour ça...
  • Un héros différent peut aussi l’être parce qu’il ne correspond pas à nos attentes... Ainsi, lorsqu’un écrivain s’empare d’un personnage historique, il peut en proposer une version très différente de ce qu’en a retenu l’histoire. C’est le cas de Souleyman le Magnifique, le plus célèbre sultan de l’empire ottoman, contemporain de François Ier, dans le roman de Mélanie Sadler, Comment les grands de ce monde se promènent en bateau. A chacun de juger si le personnage y gagne... De même, le héros absolu de l’Antiquité et du haut Moyen-Age, Alexandre le Grand. Adulé de son vivant, référence incontestée après sa mort, objet du premier best seller français, Le roman d’Alexandre, rédigé en... alexandrins ! Laurent Gaudé, dans Pour seul cortège, en fait un héros légèrement différent... parce qu’il est mort, et que depuis son sarcophage, il se sent très concerné par son enterrement...
  • Enfin, la mort elle-même peut-elle être un héros ? C’est le pari de Marcus Zusak, qui en fait le narrateur, et le personnage prépondérant de La voleuse de livres. La mort y suit de près le parcours d’une petite fille en pleine Guerre Mondiale.

Prochaine séance du club lecture : mardi 6 décembre à 11h en A103 sur le thème "La survie du personnage"


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