Un héros historique au club lecture

jeudi 26 janvier 2017
par  Equipe de lettres
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Le 17 janvier, le club lecture a échangé sur les romans mettant en scène un personnage historique, ou s’inspirant de lui.


Utiliser un tel modèle présente des avantages, mais aussi des contraintes : il est d’ores et déjà porteur d’une histoire, qui fournit base et repères, mais en retour il faudra respecter ces informations. Un personnage historique est surtout porteur d’un potentiel romanesque : il a traversé le temps, ce qui peut donner envie d’investir les creux de sa vie.
Tout sera alors affaire d’équilibre, entre la part documentaire et l’imagination. On peut aussi s’interroger sur l’intention des auteurs : proposer une pure fiction, rendre un hommage, détourner une figure historique pour proposer sa propre vision de l’histoire, voire déformer l’histoire, sans toujours en aviser les lecteurs...

La collection Mon histoire chez Gallimard repose sur un souci de vulgarisation pour les jeunes lecteurs. Elle propose des journaux intimes de personnages historiques (Marco Polo, Armande Béjar, Blanche de Castille, Constance Mozart, Guillaume le Conquérant...) ou fictifs, qui sont prétexte à découvrir leur époque et leurs hauts faits.

Aux limites du genre, on trouve une série comme Percy Jackson , de Rick Riordan. Autour de Percy et de dieux grecs déplacés dans le New York d’aujourd’hui, l’imagination suit son cours tout en respectant, somme toute, un clé de la tradition grecque : l’anthropomorphisme. Zeus ne sera plus un taureau, mais Arès apparaît sous les traits d’un motard tatoué tout de cuir vêtu... De plus l’auteur en profite pour livrer une vulgarisation de la mythologie bien intéressante.
Rick Riordan a tenté un doublé avec Kane Chronicles , qui convoque le panthéon égyptien. Cette trilogie a connu un moindre succès, probablement parce que la mythologie du Nil est moins connue. Ce qui nous amène à prendre en compte la part de reconnaissance attachée aux romans historiques.

Certains auteurs, de ce point de vue, ont eu une postérité inimaginable. On pense bien sûr aux Trois mousquetaires d’Alexandre Dumas et à son influence sur notre représentation de D’Artagnan et de Richelieu... Le cardinal était une figure controversée au temps de Dumas, mais ce dernier n’a pas peu contribué à en figer la réputation, jusqu’à nos jours. Quant à d’Artagnan, avant de devenir le héros de cape et d’épée, il avait déjà inspiré une œuvre apocryphe, Les mémoires de d’Artagnan , qui illustrent bien son potentiel romanesque.

D’autres écrivains se sont emparé d’un personnage historique pour proposer une œuvre à la limite de la biographie et de la fiction. Marguerite Yourcenar, bien sûr, avec ses Mémoires d’Hadrien rédigés à la première personne, ou François Chandernagor, qui fait parler la plus secrète des reines de France dans L’allée du roi , Madame de Maintenon. Avec un peu plus de distance et la troisième personne du singulier, Louis Antagana entreprend la même démarche dans Billie H , qui retrace sans complaisance l’enfance de la future Billie Holiday.

Enfin, un personnage historique peut travailler à sa légende en rencontrant ceux qui le rendront immortels. Ainsi Vidocq rencontra-t-il Victor Hugo et Balzac. Tous deux en firent bon usage, c’est dans Le père Goriot qu’apparaît pour la première fois la figure hautement ambiguë de... Vautrin.

Dans les semaines qui viennent, en écho au Salon d’Angoulème, on parlera BD au Club lecture : BD historique le 24 janvier, 24 heures de la BD le 31 janvier et le 1er février.



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