Le club lecture au cinéma : Western

dimanche 28 mai 2017
par  Equipe de lettres
popularité : 1%

Désert, cavalcades, duels au soleil, regards mauvais au saloon, bref, Indiens et Cowboys : le Western nous offre un regard américain sur l’Amérique. Stéréotypé ? Souvent, mais pas toujours.
En effet, l’opposition manichéenne (c’est-à-dire qui oppose un camp du bien à un camp du mal, tous deux clairement délimités) entre le justicier et les brigands ou entre les Indiens cruels et les honnêtes pionniers n’eut qu’un temps dans le genre du Western au cinéma : assez rapidement, dans ce qui est un genre miroir des crises traversées par les Etats-Unis, les frontières vont se brouiller, le justicier solitaire deviendra inquiet, les Indiens deviendront les bons, et le shérif ne sera pas toujours du côté de la loi.
Nous avons commencé par évoquer rapidement l’histoire du Western, né comme une sorte de documentaire (au moment même, rappelle Mme Catalan, où l’Amérique découvre ses espaces infinis comme autant de paysages, tels que le livre "Un jour ils auront des peintres" (1867-1948), d’Annie Cohen-Solal, nous le rappelle) et qui évolue rapidement vers une déclinaison de clichés, souvent assez cruels : certains d’entre nous ont de mauvais souvenirs des scalps pratiqués sauvagement par les Indiens, ou des gros plans sur les chevaux qui meurent (pour ceux qui ne l’auraient pas vu, John Wayne subit un sort peu amène dans Alamo où il joue Davy Crockett) . Pour d’autres, cela fait le charme de la chose ! La chevauchée fantastique de John Ford (1939) constitue une sorte de modèle du Western classique, avec notamment son personnel : le joueur, l’alcoolique, la prostituée, le médecin, le hors-la-loi, la femme d’officier...
Nous nous attardons surtout sur les Westerns moins tranchés, en commençant par Little Big Man, d’Arthur Penn (1971), où Dustin Hoffman incarne un homme toujours entre deux mondes : capturé par des Indiens, ce blanc rendu plus tard à la société occidentale ne s’y adapte jamais, exerce des activités marginales (il vend des remèdes miracles, par exemple) et finit par rejoindre la grande histoire à la bataille de Little Big Horn, cette grande défaite de la cavalerie de Custer conte une coalitions de tribus indiennes menée par Crazy Horse. La bataille est vue ici du côté des Indiens, et de l’homme qui mène leurs adversaires dans un piège.
Dans un autre genre mais pour rester sur les Indiens, nous avons parlé de Danse avec les loups de et avec Kevin Kostner qui y incarne un sergent de l’armée américaine, se rapprochant d’une tribu indienne au point de devenir lui-même sioux, non sans que ce choix entraîne, bien sûr, des déchirements et des violences.
Le Western, ce sont aussi les westerns spaghettis, ainsi nommés parce qu’ils furent réalisés par des Italiens, et très souvent, d’ailleurs, tournés en Espagne ! Nous en connaissons tous des refrains, tant ils sont connus et réussis. L’harmonica y est presque incontournable ; plus peut-être que dans d’autre genres cinématographiques, les thèmes qui réapparaissent y jouent un rôle important. Le héros a les yeux très, très bleus...
Faute de temps, nous sommes passé rapidement sur Clint Eastwood, auteur et acteur de Westerns, qui semble avoir conservé dans d’autres films la structure typique de la cavale (Un monde parfait) et certains des rôles clefs du Western ; sur Le train sifflera trois fois (Fred Zinneman, 1952), qui se passe en temps réel, et où la lenteur des plans cache un suspense étiré jusqu’à l’insoutenable ; sur Les Sept Mercenaires (1960, John Sturges), où un petit village mexicain décide de recruter des tireurs professionnels pour se défendre contre la mafia locale. Faute d’argent, ils n’ont guère le choix, et la résistance s’organise tant bien que mal autour de sept cowboys assez caricaturaux chacun dans son genre mais irrésistibles, dont certains s’appellent Yul Brynner, Charles Bronson, et Steve McQueen ; un remake de ce film lui-même inspiré des Sept Samourais de Kurosawa, est sorti en 2016.
Pour terminer, deux westerns qui caricaturent, et en jouent : Shangaï Kid (2000, Tom Dey) met en scène Owen Wilson aux côtés de Jackie Chan : il leur incombe de sauver une princesse chinoise enlevée et emmenée jusqu’aux Etats-Unis, à la fin du XIXe siècle. The Wild Wild West est un autre exemple de la valeur très commerciale de certains Westerns : un cowboy... noir (Will Smith) s’associe à une hispanique et à un blanc pour déjouer un plan machiavélique dans ce film échevelé de Barry Sonnenfeld (1999).

La semaine prochaine : un livre qui ne soit ni de langue anglaise, ni de langue française ! Ce devrait être facile, aux hauts Grillets !


Commentaires

Brèves

13 novembre - Actualités mathématiques

MATHADOR de Toussaint : sujet et solutions
FRACTALES : L’expo

21 décembre 2012 - Les latinistes fêtent les Saturnales

Les latinistes de 5e ont fêté les 20 et 21 décembre le solstice d’hiver en célébrant des (...)