Un livre qui n’ait été écrit ni en français, ni en anglais, au club lecture

dimanche 11 juin 2017
par  Equipe de lettres
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Curieuse thématique la semaine dernière au club lecture, qui demande plus que les autres une justification !

Elle est assez simple en fait : depuis le début du club, et à l’exception de la séance mangas, nous nous sommes rendu compte que nos premières références appartenaient à la littérature française ou anglosaxonne, en traduction ou non.
Plusieurs raisons à cela : bien sûr, le fait que nous soyons en France influence nos lectures. Au collège, le programme fait la part belle à la littérature française. De plus, la France a une production très importante, avec plus de 68 000 titres édités par an, dont le quart en littérature.
Concernant la littérature anglosaxonne, de nouveau plusieurs facteurs se conjuguent : langue très parlée dans le monde et très enseignée, elle est évidemment très utilisée en littérature. De plus, elle émane de pays qui sont des puissances économiques, et exportent donc leurs produits culturels auxquels nous sommes d’autant plus réceptifs que cette culture nous est proche. C’est particulièrement vrai en littérature pour adolescents, un secteur révolutionné par le succès de Harry Potter.

Nous avons donc eu envie d’explorer d’autres univers, et il est certain qu’il y aurait eu de quoi animer plusieurs séances !
Très près de chez nous, les romans de l’Italien Italo Calvino, Le baron perché, Le vicomte pourfendu, Le chevalier inexistant de la trilogie "Nos ancêtres" (I nostri antenoti) ou encore Marcovaldo, ont retenu notre attention. Leurs titres intriguent et le contenu ne déçoit pas nos attentes ! Chaque roman s’inscrit dans un cadre historique différent (Moyen Age, XVIIème siècle, XVIIIème siècle) et mêlent une grande fantaisie (un garçon qui décide vivre dans les arbres, un chevalier qui n’existe que par sa propre volonté dans une armure vide) avec les ressorts du roman historique.
En se décentrant, nous avons gagné un autre ensemble linguistique majeur, celui de l’Amérique Latine. Les œuvres sont innombrables, mais il a fallu faire un choix ! Le grand Gabriel Garcia Marquez (Colombie) est représenté au CDI, en version originale, via une nouvelle étonnante : La increíble y triste historia de la cándida Eréndira y de su abuela desalmada (L’incroyable et triste histoire de la candide Erendira et de sa grand-mère diabolique). La fable écologique de Luis Sepulveda (Chili), El viejo qui leia novelas de amor (Le vieux qui lisait des romans d’amour), devrait bientôt rejoindre les étagères. C’est l’histoire d’un vieil homme retiré en Amazonie, qu’une mort suspecte va amener à lâcher ses lectures pour mener l’enquête et protéger son peuple d’adoption. Les amateurs d’histoire, quant à eux, ne résisteront pas à El siglo de las luces (Le siècle des lumières), du Cubain Alejo Carpentier, qui au travers d’une épopée palpitante suit les répercussions de la Révolution française de part et d’autre de l’Atlantique.

Ces romans nous entraînent dans le monde dont ils parlent, très éloigné parfois du nôtre. Et il n’est pas nécessaire d’aller chercher bien loin. Un livre comme Cordoba de los Omeyas (Cordoue des Omeyyades), d’Antonio Muñoz Molina, qui n’est pas exactement un roman, mais le récit d’une ville, nous transporte dans le royaume médiéval d’Al Andaluz, au sud de l’Espagne. La ville y est à la fois le décor et le personnage principal.
Les amateurs de polars seront heureux de découvrir les polars historiques d’Arturo Perez Reverte, tels que La tabla de Flandes (Le tableau du maître flamand), dans lequel une mystérieuse inscription latine au bas d’un tableau flamand semble à l’origine d’une série de meurtres bien contemporains...

Pour terminer ce tour trop rapide et tellement incomplet, nous avons évoqué le cas de Ngugi wa Thiongo, écrivain kenyan et engagé. Le Kenya compte l’anglais parmi ses langues officielles, si bien que Ngugi a naturellement commencé par écrire en anglais. Mais la situation politique du pays, et son engagement personnel (qui l’a conduit en prison), ont poussé cet écrivain à développer une littérature dans une langue propre à son pays, le kikuyu. C’est dans cette langue que, depuis plus de 20 ans, il écrit des histoires pour enfants afin que ces derniers disposent d’une littérature jeunesse dans leur langue (c’est la série des aventures de Njamba Nene, par exemple Njamba Nene et le bus volant, Njamba Nene na Mbaathi i Mathagu), mais aussi ses mémoires et des romans pour adultes qui, triomphe suprême ! sont désormais traduits du kikuyu en anglais, et parfois ensuite de l’anglais au français. On citera Muregi wa Kagego (Le vautour de la couronne), une fresque politico-historique sur le Kenya moderne, où se mêlent, forcément, des éléments de réalisme magique.

Cette séance nous a ouverts sur le monde, et donnera peut-être suite à d’autres.
Mais le 13 juin, nous avons choisi de nous dépayser autrement, en parlant de livres futuristes !


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