Drôle de futur

samedi 17 juin 2017
par  Equipe de lettres
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La semaine prochaine nous échangerons des recommandations de lecture : livres à lire pendant les vacances, et aussi livres à acheter pour le CDI. Venez nombreux nous donner vos idées !

Cette semaine au Club lecture nous avons parlé de livres futuristes.

Inventer l’avenir de l’humanité, c’est se fonder sur la situation actuelle pour imaginer des évolutions possibles, notamment à partir des progrès scientifiques (on touche ici au genre de la science-fiction) mais aussi parfois en inversant radicalement la structure de la société actuelle, et parfois encore en rêvant un monde parfait (ce qu’on appelle une utopie). L’imagination est bien sûr à l’honneur dans l’écriture d’un livre futuriste, qui offre une grande liberté de création mais qui doit demeurer très cohérent, et, surtout s’il se fonde sur des faits scientifiques, être très logique.

Nous avons commencé par évoquer certains livres de science, et non de fiction, qui présentent ce que pourrait être le monde de demain — par exemple : Une brève histoire du futur : comment la science va changer le monde, de Michio Kaku. Nous avons évoqué ce qui se passerait si les insectes pollinisateurs disparaissaient : beau sujet pour un livre futuriste !
Certaines dystopies font partie de notre sujet dans la mesure où elles présentent un monde possible et non un monde autre ou parallèle : Le Passeur, de Lois Lowry, avec son conditionnement des hommes pour qu’ils ne voient plus les couleurs et ne ressentent plus d’émotions, nous en fournit une bonne illustration. Nous ne pouvions pas ne pas parler du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley, grand classique, paru en 1932, qui évoque une société où les êtres humains sont fabriqués artificiellement selon un système de fécondation in vitro et de clonage, puis conditionnés, physique et psychologique. La société ainsi constituée est cloisonnée, les hommes y sont répartis en classes physiques et sociales et chacun, convaincu depuis toujours qu’il a le meilleur sort possible, est heureux : sauf peut-être les hommes retombés à l’état sauvage qui peuplent quelques "réserves" soigneusement séparées de la civilisation. Jusqu’au moment où le héros, un certains Bernard Marx, humain qui n’est pas totalement conforme au mule des gens de sa classe, entreprend un voyage vers une des réserves. Le chaos va entrer dans le meilleurs des mondes : qui l’emportera, du vent de liberté ou du confort totalitaire ?
Il était impossible aussi de ne pas mentionner 1984, ce roman si connu de George Orwell, écrit en 1948, qui met en scène un monde totalitaire où tout est surveillé et imposé dans la vie des individus, jusqu’à la pensée qui est contrôlée et à l’histoire qui est perpétuellement réécrite pour que nul ne puisse jamais dire que le gouvernement a fait des erreurs. Là aussi, un "grain de sable" vient menacer la mécanique. Génial et effrayant.
Un autre livre dont nous avons déjà parlé, et qui sera peut-être la découverte de cette année au club lecture, Lovestar, rentre dans la catégorie des romans futuristes de génie. Il nous marque davantage car, écrit en 2016 par Andri Snaer Magnason, il se fonde sur l’état actuel de la science : par exemple, la connection a progressé, dans ce futur assez proche, de telle sorte que les êtres humains sont directement connectés aux nouvelles et aux publicités : on reçoit dans le cerveau, sans écran ou autre appareil, les messages... A lire absolument (pour les plus grands).
Faute de temps nous ne parlerons pas de Philip. K. Dick auteur de nombreux romans de science-fiction, mais il fallait le citer tout de même.
Sur une note bien plus ancienne, mentionnons un livre au titre aguicheur : L’an 2440, publié par Louis-Sébastien Mercier en... 1771 ! Il imagine une société utopique : un Paris parfait, tant par son apparences (rues lumineuses, ponts débarrassés de leurs maisons) que par ses habitants qui, éclairés par la raison et délivrés des préjugés, sont devenus vertueux. C’est l’avènement de la philosophie sur terre, et un livre didactique, sans aventures, destiné surtout à comparer 1771 et 2440 pour critiquer l’époque de Mercier, mais c’est aussi un livre futuriste optimiste, ce qui, reconnaissons-le, est rare !
Pour terminer sur une note plus légère, le troisième tome de la tétralogie de Christelle Dabos, La Passe-Miroir, autre favori de notre année, est paru. Il s’intitule La Mémoire de Babel et décrit une des "arches" qui, flottant dans le ciel, sont ce qui demeure de la terre, arche où les robots font tout : le confort est suprême, mais l’inégalité aussi car tous ceux qui ne gouvernent pas, privés de travail et désoeuvrés, constituent une menace pour les classes dirigeantes. Ils sont donc relégués et la révolte gronde. Sans compter que les robots si serviables se transforment en bourreaux dès qu’ils constatent un comportement déviant chez ceux qu’ils aident... et surveillent.
Bonne lecture, et faites attention : Big Brother vous regarde peut-être !

Illustrations : Sven Sauer, @hyperbate.fr ; Epicphotgraphy by Christian Stoll


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