Un livre autour d’un lieu

dimanche 10 décembre 2017
par  Equipe de lettres
popularité : 1%

Lors de la séance du 6 décembre, le club lecture s’est penché sur un thème un peu déroutant, mais vraiment riche d’exemples : un livre autour d’un lieu.

C’est que le lieu, en littérature, peut être bien plus qu’un simple décor : il peut avoir une portée symbolique, déterminer tout ou partie de l’intrigue, voire agir comme un personnage à part entière.

Comme décor particulièrement marquant, on peut penser à la toute petite, presque dérobée, rue Broca à Paris, qui donne son nom aux contes éponymes de Pierre Gripari. C’est le lieu de résidence de Nadia et Bachir, héros de la plupart des histoires et, de l’aveu même de l’auteur, le lieu qui inspira les contes mêmes. L’aspect de cette rue pas comme les autres n’est sans doute pas pour rien dans le choix de "Monsieur Pierre."
Beaucoup moins enclavé, le sauvage Wyoming est l’espace parfait pour Mon amie Flicka, de Mary O’Hara : l’état le moins peuplé des Etats-Unis respire la liberté célébrée dans cette trilogie, et incarnée par l’indomptable Flicka.
Ambigu et obsédant, tel est le décor de Rebecca, de Daphné du Maurier, qui a d’ailleurs les honneurs de la première phrase : "Cette nuit, j’ai rêvé que je retournais à Manderley..." Comment expliquer que ce lieu enchanteur oppresse à ce point la narratrice ? C’est que bien des secrets couvent sous les plates-bandes fleuries de ce manoir anglais...

Décor et enjeu majeur du Retour du roi, de J.R.R. Tolkien, Minas Tirith est une citadelle inexpugnable entièrement sortie de l’imagination de l’auteur. Comme toujours chez Tolkien, la création fait sens et Minas Tirith est construite autour du chiffre 7, à la symbolique hautement magique...
Or, lorsque la magie baigne un lieu, on peut s’attendre à des surprises. C’est bien sûr le cas de Poudlard dans Harry Potter. De tome en tome, l’école de sorciers s’affirme de plus en plus, jusqu’à devenir un personnage à part entière, engagé comme les héros et tout autant prêt à se battre contre le mal.
D’ailleurs, mieux vaut faire attention lorsque l’on s’aventure dans certains lieux. C’est ce que George apprend à ses dépens au cours d’une visite au museum d’histoire naturelle de Londres. Une statue de ptérodactyle brisée et hop ! C’est tout Londres qui se métamorphose pour devenir atrocement dangereuse dans Stoneheart, de Charlie Fletcher !

Décor et thème tout à la fois sont respectivement la rivière dans L’enfant et la rivière d’Henri Bosco, qui entraîne le héros à l’aventure, et le quartier de Texaco, dans le roman éponyme de Patrick Chamoiseau. A travers la vie de la bien nommée Marie-Sophie Laborieux, c’est bien l’histoire de ce quartier populaire de Fort de France, fragile et anarchique à la fois, qui nous est contée.

Enfin, on ne pouvait traiter d’un tel thème sans évoquer Notre Dame de Paris, de Victor Hugo : dans ce roman historique, la cathédrale est à la fois l’un des principaux lieux de l’intrigue, un lieu d’asile dans lequel Quasimodo tentera de protéger Esmeralda, et surtout un très grand symbole. "’ANÁΓKH" C’est à partir d’un graffiti à demi-effacé au fond de la cathédrale obscure que l’auteur prétend écrire son livre : l’intrigue découle donc d’un mot gravé dans la pierre du lieu. Et pas n’importe quel mot : "anágkê," "fatalité," un mot qui sonne particulièrement dans l’oeuvre du grand Victor, et qui concerne ici la cathédrale elle-même, une cathédrale à laquelle l’écrivain offre une postérité envers et contre tout avec ce livre qui porte son nom, oeuvre-cathédrale bien dans le goût romantique...


Commentaires

Brèves

20 avril - Actualités mathématiques

MATHADOR de Printemps : sujet
KANGOUROU : sujets et solutions
OLYMPIADES : sujets et (...)

21 décembre 2012 - Les latinistes fêtent les Saturnales

Les latinistes de 5e ont fêté les 20 et 21 décembre le solstice d’hiver en célébrant des (...)