Club Lecture : rire encore, et toujours rire

dimanche 28 janvier 2018
par  Equipe de lettres
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Le thème du livre "qui fait rire" a beaucoup de succès, et c’est bien sûr dans la bonne humeur que nous l’avons abordé à nouveau mardi 23 janvier, avec une assemblée pleine d’idées.
De quoi rions-nous ? De situations embarrassantes pour autrui ; de personnages décalés ; de choses qui nous surprennent ; de réactions ou de paroles qui défient la norme.
Mentionnons d’abord les humoristes : c’est leur métier de faire rire, et ils le font aussi à l’écrit. Nous vous conseillons par exemple les sketches de Raymond Devos, réunis dans Matière à Rire, qui reposent sur les jeux de mots et le comique de situations allant parfois jusqu’à l’absurde ; ou encore ceux de Pierre Desproges, parfois très moqueurs.
S’ouvre ensuite une thématique si fréquemment choisie par les auteurs pour la jeunesse ces dernières années, et avec un tel écho parmi les lecteurs, qu’elle est en train de constituer une sorte de sous-genre : l’entrée au collège, difficilement vécue par un personnage en général peu ou prou inadapté, et parfois très antipathique... mais qui va s’en sortir, et au passage, nous faire beaucoup rire, soit par ce qu’il inflige aux autres soit par ce qu’il subit. Une manière sans doute de dédramatiser cette étape parfois impressionnante ! Nous avons donc évoqué :

  • le Journal d’un dégonflé, de Jeff Kinney : 12 tomes à l’heure actuelle ! Ils narrent les mésaventures de Greg, un garçon franchement maladroit qui est pris comme souffre-douleur par tout le monde dès son entrée au collège. Un grand succès.
  • Ma vie de (grand et parfait) génie incompris suivi de Scènes de ma vie d’artiste (génial) incompris de Stacey Matson : Arthur, le héros, est comme vous l’aurez deviné à la lecture du titre, quelque peu sûr de lui... du moins en apparence. C’est un auteur que nous aimons beaucoup au Club Lecture, et nous en avons déjà parlé. Trois étoiles !
  • Trop classe la 6e, de Robin Mellom, met aussi en scène un collégien qui fait tout de travers. Le ton léger évite qu’on s’inquiète trop pour lui !
  • La 6e, la Pire année de ma vie, de James Patterson, a eu les honneurs du grand écran cet été. Le collège, pour le héros, Rafe (toujours des garçons, d’ailleurs !), est une prison. En découvrant, le premier jour, le règlement de la prison, il décide qu’il va en enfreindre, un par un, tous les articles. Prometteur !
  • Le Petit Nicolas, fruit d’une collaboration de Goscinny (eh oui ! Monsieur Astérix !) et de Sempé, compte 5 ouvrages publiés du vivant de Goscinny, et d’autres recueils posthumes. Il serait dommage de se contenter des adaptations filmographies, qui ne rendent pas tout à fait compte de l’atmosphère joyeuse et rebelle qui anime la bande des amis, ou camarades de Nicolas : Aignan, Alceste, Rufus et les autres, sans oublier le "Bouillon", leur surveillant mal-aimé.
  • Brigitte Smadja, dans Il faut sauver Saïd, raconte l’histoire d’un ancien bon élève de CM2... qui a bien l’air de vivre aussi la pire année de sa vie. Il ne s’en sort pas, et comble de malchance son cousin, qu’il déteste, fréquente le même collège et commet tous les méfaits possibles — jusqu’au vol.
    Il y en aurait d’autres, mais nous avons préféré élargir notre horizon. Comment ne pas évoquer Roald Dahl ? On pourrait tout citer, mais, pour rester tout de même un peu dans la lignée de ce qui précède, nous avons parlé de Matilda, l’histoire touchante et tordante de cette petite fille bien décidée, malgré l’égoïsme invraisemblable de ses parents, à aller à l’école... et, une fois qu’elle y est, à ne pas tolérer la tyrannie de la directrice. Il faut dire que Matilda a des pouvoirs : ça aide, et ça rend les choses encore plus drôles.
    Autre style qui fait rire, mais pas à tout coup : la parodie. Pour se rendre compte que l’auteur est en train de reprendre une oeuvre existante et de la métamorphoser, et pour rire du décalage qui est voulu, il faut bien sûr connaître la première oeuvre.
    Dans Un conte peut en cacher un autre, Roald Dahl et Quentin Blake (un illustrateur) modifient avec humour un grand nombre de contes traditionnels, dont "Le Petit Chaperon rouge". On trouve aussi de nombreuses parodies de "Cendrillon". Les contes en général se prêtent à la parodie, justement parce qu’ils sont très reconnaissables. Autre parodie, déjà évoquée au Club Lecture , du coté de la BD, Jolly Jumper ne répond plus : Lucky Luke, revisité par Guillaume Bouzard, ou que faire quand votre cheval préféré s’arrête de parler ?
    Côté BD nous évoquons aussi Les Toutous des Sisters. Marine et Wendy, les protagonistes de Sisters, ne peuvent avoir de chiens (la faute aux parents) : elles ont le droit d’en garder, cependant. Les malheureux canidés en voient de toutes les couleurs, grâce à Chistophe Cazenove et William Maury.
    Au risque d’en étonner certains, nous avons terminé par un roman paru en... 1534 ! Il s’agit de l’histoire de Gargantua, un géant : il est si énorme qu’il lui faut plusieurs vaches à chaque repas, et qu’en urinant sur ceux qui lui déplaisent... il les noie. Une vie "très horrifique" comme le dit le titre, qui ne recule devant aucun excès pour faire rire ; un récit d’aventures, qui inclut entre autres une guerre ; une réflexion sur bien des sujets profonds (l’éducation, la justice, l’idéal chevaleresque, les rapports sociaux...). Rabelais composa 5 livres retraçant l’histoire d’une famille de géants. Gargantua est le second. Avec pour enjeu et pour moyen fondamental peut-être, la liberté.

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