Espions, agents secrets et agents doubles

samedi 19 janvier 2019
par  Equipe de lettres
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C’est tout naturellement James Bond qui vient à l’esprit lorsqu’on parle d’espions. Il n’est pourtant pas le seul... Les livres ayant pour héros des espions sont souvent des livres à suspense : l’agent secret a en effet pour mission de trouver et de voler des informations, soit pour un Etat ou une agence gouvernementale - type MI5, CIA, DGSI... chaque gouvernement en a plusieurs selon leurs spécialisations ! - soit pour le compte d’organismes privés : entreprises... ou gangs de malfaiteurs. On se situe donc dans un monde de secrets et de dissimulation. Pour se procurer lesdites informations, l’espion devra se cacher, se fabriquer une "couverture", c’est-à-dire une vie inventée (mais vérifiable par des gens soupçonneux !), parfois infiltrer un groupe, recourir, s’il a de la chance, à des gadgets plus ou moins élaborés (micros, caméras, etc.). Il vit donc une vie de mensonge, et entre fidélité à ses employeurs et traîtrise envers ses nouveaux amis, la loyauté est parfois en péril. Pour transmettre ce qu’il a trouvé, il lui faudra employer des codes indéchiffrables par l’ennemi, et là encore, dans les livres contemporains, la technologie peut jouer un rôle immense. Suspense et péripéties sont toujours au rendez-vous.
A vrai dire, l’espion est surtout présent à l’écran. Comme notre liste de ce vendredi 18 janvier le montrera, il est néanmoins bien représenté à l’écrit : rappelons que 007 lui-même est d’abord un être de papier, inventé par l’ancien espion britannique Ian Fleming !
Largo Winch, le héros éponyme de la série de BD créée par Jean Van Hamme et Philippe Francq, est une jeune orphelin adopté par un multimilliardaire américain qui lui lègue son empire industriel. Pour le protéger des multiples envies que déchaîne l’argent, y compris dans son entourage le plus proche, le jeune homme se transforme parfois en espion.
IRS est une autre BD d’espionnage, réalisée par Stephen Desberg et Bernard Vrancken : le héros (un orphelin, lui aussi...) travaille pour un service fiscal américain et ses missions consistent à traquer l’argent sale, et ceux qui en profitent. Le concept est très proche de celui de Largo Winch, avec des histoires haletantes, du suspense, beaucoup de retournements de situation, des jolies filles tantôt en danger tantôt fatales, des fantômes du passé revenant hanter le héros, le tout sous forme de dessins réalistes aux lignes nettes et aux couleurs franches.
La littérature jeunesse n’est pas en reste dans ce domaine, et on y retrouve des invariants : beaucoup de séries ; des héros sans attaches familiales, au passé souvent traumatisant ; le rôle joué par la technologie, mais aussi par les bonnes vieilles méthodes de la course poursuite en moto, la boxe, ou tout autre exploit physique...
Cherub remporte un énorme succès parmi les collégiens. Cette série de Robert Muchamore en est déjà à son tome 17 ; elle a essaimé en BD, en une série parallèle nommée Henderson’s Boys, qui a pour cadre la Seconde Guerre Mondiale et raconte les origines de l’agence Cherub, et compte de nombreux fans. Les agents secrets y sont âgés de 10 à 17 ans : on les recrute pour leur jeune âge, qui donnera moins de soupçons à l’adversaire, et pour leur analité d’orphelins, qui évitera que l’ennemi puisse avoir prise sur eux par leurs proches. On les forme, et c’est d’ailleurs le thème du premier livre, 100 jours en enfer, au terme duquel une solidarité très forte se noue entre les héros. Puis on les envoie en mission, dans des endroits et des situations plus variés les uns que les autres.
Dans un style très proche, Alex Rider, d’Anthony Horowitz, autre série, met en scène un jeune homme élevé par son oncle, un banquier qui meurt brutalement dans un accident de voiture. Alex se retrouve doublement orphelin. Son oncle a pris soin de le former, physiquement et intellectuellement, à tout ou presque : il est polyglotte, pratique tous les sports, ou presque, à un niveau de compétition... bref, une recrue parfaite pour une agence de renseignement ! Il se rend compte que l’accident de voiture de son oncle est d’origine criminelle, et va suivre ses traces en devenant jeune agent secret. Les malfaiteurs les plus affreux n’ont qu’à bien se tenir ! Des romans qui se lisent très facilement tant le rythme est endiablé, même si on peut déplorer un manque certain de subtilité dans les intrigues et la caractérisation des "méchants".
Un des maîtres du roman d’espionnage de la fin du XXe siècle, encore actif de nos jours, est John Le Carré. L’espion qui venait du froid est un de ses livres les plus courts. Il se déroule pendant la Guerre froide, cette période de tension diplomatique et économique extrême entre l’Ouest (Europe de l’Ouest et Etats-Unis) et l’Est (le bloc communiste). Un agent secret britannique est abattu alors qu’il essayait de franchir le Mur de Berlin pour passer en RFA. Son supérieur est convoqué à Londres. Peu après, il sombre dans une dépression manifeste, dans l’alcool et la solitude. Des agents communistes l’approchent alors pour lui demander de les renseigner, en utilisant ses anciens contacts. Peut-être n’est-ce là que ce qu’il attendait...
Certains espions appartiennent aux plus classiques des romans ! Nous avons évoqué deux héroïnes célèbres des lettres françaises : Milady de Winter d’abord, cette ravissante et terrifiante espionne qui, dans Les Trois Mousquetaires, est employée par le cardinal de Richelieu à compromettre la Reine de France, que le cardinal-ministre aimerait bien évincer à l’occasion d’un scandale. Son passé criminel va rattraper cette pseudo-Anglaise, qui s’appelle en réalité Anne de Breuil, en la personne d’un des quatre Mousquetaires, Athos. Une des créations les plus inoubliables d’Alexandre Dumas ! A lire absolument !
Honoré de Balzac a lui aussi inventé une espionne. Comme Milady, elle est belle et séduit les hommes : c’est d’ailleurs son but, puisque, dans Les Chouans, cette jeune noble gagnée aux idées de la Révolution a pour mission de charmer puis de trahir le marquis de Montauran, dit "Le Gars", un chef de la rébellion monarchiste. Il n’est pas dit qu’elle ne se repente pas de cette entreprise...
La prochaine fois, l’exploration et les explorateurs !


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